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Egypte : l’ancien président Hosni Moubarak libre

By on March 15, 2017

Le parquet égyptien a accepté lundi la remise en liberté de Moubarak, acquitté début mars par la cour de
Cassation pour la mort de 239 manifestants en 2011.

La justice égyptienne a donné son feu vert pour la remise en liberté de Hosni Moubarak.
Six ans après la répression sanglante place Tahrir au Caire, le « Printemps égyptien » a été classé sans suite. Le parquet a accepté lundi la remise en liberté de l’ex-président Hosni Moubarak, acquitté début mars par la cour de Cassation pour la mort de 239 manifestants en 2011.
L’ex-président, qui a gouverné d’une main de fer pendant trente ans, avait dû quitter le pouvoir le 11 février 2011, à l’issue d’une révolte de 18 jours réprimée dans le sang. Il avait été condamné à la prison à vie en juin 2012, mais il avait été blanchi par un nouveau procès. Le 2 mars dernier, la Cour de cassation avait confirmé l’abandon des charges qui pesaient contre lui.
Me Farid el-Deeb, son conseil, a précisé que l’ancien chef d’Etat actuellement retenu dans un hôpital militaire du Caire «pourra rentrer chez lui lorsque les docteurs diront qu’il peut sortir». Il ne pourra toutefois pas se rendre à l’étranger, en raison d’une enquête de l’organisme égyptien des gains illicites, qui surveille les fortunes accumulées de manière frauduleuse.
C’est la déception chez beaucoup de ceux qui ont participé à la révolte de 2011. « L’idée du printemps arabe a cessé d’exister en Egypte », a commenté Mai Mogib, professeure de sciences politiques à l’université du Caire. «Le sang de notre fils a coulé pour rien (…) La corruption est de retour en force», a dit Mostafa Morsi au lendemain de la décision de la cour de Cassation.
Plus de six ans après le soulèvement populaire qui a entraîné sa chute, les Egyptiens se sentent globalement peu concernés par l’acquittement de leur ancien président. Ils ont tourné la page, comme celle de son successeur, Mohamed Morsi. Le premier président élu démocratiquement en Egypte, renversé à son tour mi-2013 par l’armée à la suite de nouvelles manifestations monstres, est actuellement en prison.
Hosni Moubarak, 88 ans, a passé le plus clair de son temps dans un hôpital militaire en résidence surveillée depuis son arrestation en 2011. Il avait été condamné à la prison à vie en juin 2012 mais un nouveau procès avait été ordonné par la justice. Et malgré sa condamnation en mai 2015 à trois ans de détention, il n’est pas allé derrière les barreaux.
En novembre 2014, un autre tribunal qui le rejugeait avait finalement ordonné l’abandon des accusations, blanchissant ainsi Hosni Moubarak, mais le parquet avait introduit un recours en cassation. Il s’agissait de la dernière procédure judiciaire qui le visait. Finalement, Hosni Moubarak n’a été condamné que pour détournement de fonds publics. Ses deux fils, Alaa et Gamal, condamnés avec lui, ont été libérés de prison en octobre 2015, la peine ayant été couverte par la préventive.
Par ailleurs, en janvier 2016, la cour d’appel a confirmé une peine de trois ans de prison pour Hosni Moubarak et ses deux fils dans une affaire de corruption. Hosni Moubarak était accusé avec ses deux fils d’avoir détourné plus de 10 millions d’euros, alloués à l’entretien des palais présidentiels.
Aujourd’hui, sous le règne de Abdel Fattah al-Sissi, la presse, comme les organisations des droits de l’homme sont sous étroite surveillance. Des dizaines de journalistes ont été jetés en prison, la plupart des organisations humanitaires ont été fermées ou sont empêchées de travailler. L’opposition islamiste a été laminée et nombre de leaders du printemps arabe ont été emprisonnés ou contraints à l’exil.
Le printemps égyptien s’est progressivement dissous dans le nouveau régime, celui du nouveau président, qui gouverne le pays depuis 2014… sans états d’âme.

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