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Cameroun: des pygmées abandonnés lors d’un festival

By on January 31, 2012

Huit Baka du Sud dorment dans un stand d’exposition à Yaoundé où ils sont à la merci des intempéries, sans nourriture et sans soins.

Ils n’avaient pas moyen de s’enfuir, avant-hier, 28 janvier 2012. La pluie qui s’est abattue sur l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé les a bien mouillés.
Dans le stand d’exposition d’environ 4m2 qui leur tient de lieu d’hébergement, la toiture est en nattes et laisse passer des gouttes d’eau. En guise de porte, un vieux pagne. C’est ici que huit pygmées Baka du Sud dorment depuis le 23 janvier 2012, date du début du Salon international de l’artisanat du Cameroun (Siarc). Dans leur stand, les feuilles qu’ils ont ramenées de leur Ngomebaï natal (région du Sud) servent de matelas. Quelques cartons ramassés dans les rues de Yaoundé aussi. « C’est honteux ! », lance Daniel Yeye qui y réside.

Marie Sobie, elle, allaite un nourrisson. Avant-hier, elle aussi s’est mouillée ainsi que son enfant. « Regardez, tout est encore mouillé ici ! Je crains bien pour mon enfant. En plus, nous ne sommes pas bien nourris. On ne nous a rien donné comme argent. On a un seul repas à 14h. Pendant toute la journée, chacun se débrouille comme il peut », se plaignait-elle. Pour le chef du village Ngomebaï qui accompagne la délégation des pygmées Baka à Yaoundé, ils ont uniquement reçu 10 000 francs Cfa du délégué départemental du Minpmeesa du Dja et Lobo. « Le délégué m’a dit que c’est 60 000 francs Cfa qu’on devait nous donner pour la première tranche. Il a donné 30 000 francs Cfa à une dame qui nous fait à manger. Elle vient chaque jour nous servir. Chacun a un morceau de viande ou un morceau de poisson quand elle prépare. Il m’a donné 10 000 francs Cfa pour que l’on achète du whisky en sachet. Le reste, il a dit que cela va aider à nous prendre en charge si on a un problème de santé », raconte-t-il.

Pourtant, cette prise en charge médicale n’est pas toujours assurée. « J’ai mal au ventre, depuis deux jours, j’ai demandé de l’ibuprofène que je n’ai pas toujours », se plaint Daniel Yeye. Au commissariat central du Siarc, l’on affirme que ce problème ne relève pas de leur compétence. « Il n’est pas de ma responsabilité d’amener et de choisir les exposants. Je me dois de les accueillir en fonction de la spécificité des contrats de location et de veiller à la régularité de cette convention », explique Mal Njam, le commissaire du Siarc. Pour lui, le salon n’est pas un lieu d’hébergement et la situation actuelle découle de la tolérance des autorités.

in Le Jour.

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