Don't Miss

Cameroun: le prix du sucre flambe

By on May 31, 2011

Le produit est vendu sous le manteau à des prix bien au-delà de ceux homologués par le ministère du Commerce.

Le sucre se fait de plus en plus rare sur le marché à Douala. Depuis quelques semaines, il est pratiquement impossible de s’offrir un paquet de sucre en carreaux ou un kilogramme de sucre granulé dans les boutiques.

Ni dans les boutiques des détaillants, ni dans les magasins à Akwa et dans les marchés. Vendredi 27 mai 2011, au marché central de Douala, il est 11 h, des commerçants, assis pour certains et debout pour d’autres, vaquent à leurs occupations. La plupart des commerces sont dépourvus de sucre. Les clients se succèdent et la même question revient souvent : « Vous avez du sucre ? ». La personne est vite rabrouée. « Il n’y en a pas ! C’est comment ? Tu es un agent de la délégation du Commerce ou quoi ? Tu veux qu’on nous arrête », vocifèrent les négociants.

Les vendeurs sont donc amers à propos de la question du sucre. La denrée est bien disponible, mais le prix fait problème. Chacun craint de voir sa marchandise saisie par les agents de la délégation régionale du Commerce pour le Littoral. Le paquet d’un kilogramme de sucre en carreaux est passé de 650 Fcfa à 750 Fcfa. La même quantité du produit en granulé coûte désormais 700 Fcfa au lieu de 500 F.Cfa en fin d’année 2010. « J’achetais le sac de sucre en poudre à 26.500 Fcfa. Aujourd’hui, on me le vend à 31.500 Fcfa quand je ne demande pas la facture. Mais si j’exige ce document, le prix passe à 32 500 Fcfa. Le carton est à 17 500 F.Cfa, le paquet revenant donc à 750 Fcfa », explique Alain Togue, commerçant au marché central. Les détaillants du quartier revendent le même paquet à 800 Fcfa, même si le carreau de sucre demeure à 5 Fcfa. La dernière hausse avait aboli le tarif de trois carreaux à 10 Fcfa.

Marché noir
En plus des prix à la hausse, trouver le sucre est un véritable parcours du combattant. « J’achète le produit au-delà du prix homologué par l’Etat. En plus, le grossiste ne satisfait toujours pas ma demande. Quand je veux dix sacs de sucre, il m’en donne cinq », déplore Alain Togue. « Et quand bien même vous êtes servi, c’est sans facture, car le grossiste ne veut pas que les contrôleurs de prix remontent jusqu’à lui, ajoute-t-il. Vous êtes obligé d’accepter à vos risques et périls. Quelques mètres plus loin, toute la marchandise ainsi achetée peut être saisie par des agents de la délégation régionale du Commerce pour défaut de facture ou de pièces justificatives. » Il y a donc de l’arnaque dans l’air. « La dernière fois que je suis allé chez le grossiste, j’ai acheté le carton de sucre à 17.500 Fcfa, mais il a mis sur la facture 16.000 Fcfa. Désormais, c’est comme ça », dénonce Hermann, un revendeur installé au marché central.

En dehors du marché noir, l’obtention du précieux produit est encore plus complexe. « Pour s’approvisionner en sucre à la délégation du Commerce, il faut déposer une demande d’achat avec votre patente, votre carte de contribuable ou l’impôt libératoire et un registre de commerce. Après cette étape, il faut attendre des mois pour que votre demande aboutisse », explique un commerçant.

Tant de complications qui ont amené la plupart des marchands à se détourner de la vente de cette denrée. Mais la vente sous le manteau prospère bien. Au détriment des ménagères. « Le sucre est rare et cher. Le prix homologué par le ministère du Commerce est toujours différent du prix pratiqué par les grossistes. Si j’achète cher, je revends cher. Mais le gouvernement veut m’obliger à baisser les coûts. Des agents du ministère du Commerce arrivent dans les marchés et saisissent les marchandises qui ne sont pas vendues aux prix homologués. J’ai préféré laisser tomber la vente du sucre même si la demande est sans cesse croissance », confie Alexis A. Les vendeurs les plus rusés ont développé une autre technique. «Quand vous entrez dans ma boutique, le sucre n’est pas exposé. Il faut être un client de la maison pour avoir la chance de repartir avec cette denrée », révèle Alain Togue.

Répression
Pourtant, la répression fait rage. Environ 250 sacs de sucre ont été saisis et revendus au prix officiel en moins d’un mois à Douala, apprend-on de David Tsegui, le délégué régional du Commerce pour le Littoral. Celui-ci a déjà multiplié des stratégies pour venir à bout du problème de sucre sur le marché. « Cette politique vise à maîtriser les prix sur les marchés, les supermarchés et les grandes surfaces. Des mini-foires sont également organisées chaque mois dans plusieurs quartiers de la capitale économique. Le sucre en carreau se vend à 675 Fcfa le paquet et 550 Fcfa le kg pour le sucre granulé. Tous ces produits sont livrés par des fournisseurs et des fabricants », précise Fanny Blanche Guepi, caissière dans un point de vente de la délégation.

Le Jour.

About AfricaTimes

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.