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Rwanda : 44 pays africains adhèrent à la zone de libre-échange continentale

By on March 26, 2018

Mercredi dernier à Kigali, après deux années d’âpres négociations, 44 pays africains ont signé un accord créant une Zone de libre-échange continentale (Zlec).
En terme du nombre de ses membres, la zone est potentiellement la plus vaste au monde.
Le même jour, 27 pays africains ont signé un protocole autorisant la libre circulation des personnes entre les pays signataires.
La création de la Zlec, l’un des projets clés de l’Union africaine (UA), doit permettre l’élimination progressive des droits de douane entre pays membres, favorisant ainsi le commerce au sein du continent et permettant aux pays africains de s’émanciper d’un système économique trop centré sur l’exploitation des matières premières. L’UA estime que sa mise en œuvre permettra d’augmenter de près de 60% d’ici à 2022 le niveau de commerce intra-africain (seul 16% du commerce des pays africains s’effectue avec d’autres pays du continent.)
« Ce jour est historique. Après Addis-Abeba en 1963, Abuja en 1991, Durban en 2002, Kigali marque une nouvelle étape dans notre marche vers plus d’intégration », a déclaré Moussa Faki, le président de la Commission de l’Union africaine lors de la cérémonie de clôture.
L’accord entrera en vigueur dans un délai de 180 jours, après avoir été ratifié par les pays signataires.
Cependant, la surprise est venue du Nigeria, la deuxième économie du continent (et le pays le plus peuplé d’Afrique) qui s’est abstenu. Le président nigérian Muhammadu Buhari n’a même pas fait le déplacement de Kigali. Parmi les autres pays n’ayant pas signé l’accord figurent l’Afrique du Sud, le Bénin, la Namibie, le Burundi, l’Erythrée et la Sierra Leone.
« Certains pays ont des réserves et n’ont pas encore finalisé leurs consultations à l’échelle nationale. Mais nous aurons un autre sommet en Mauritanie en juillet et nous espérons que ces pays signeront alors », a déclaré le commissaire de l’UA chargé du Commerce et de l’Industrie, Albert Muchanga.
La position du Nigeria risque fragiliser l’Union Africaine (UA) et, surtout, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont la force d’attraction va bien au-delà de la frange occidentale du continent. Pour rappel, le Maroc et la Tunisie ont formulé des demandes d’adhésion à la Cedeao. Privée du poids politique, économique, démographique et diplomatique du Nigeria, l’Afrique occidentale court le risque de se voir reléguée aux seconds rôles au sein de l’UA.
Mais les critiques du projet observent quant à eux que la piètre qualité des infrastructures de transport et le manque de complémentarité entre les économies africaines sont un frein au développement du commerce dans le continent.
Qui dit libre-échange dit concurrence accrue entre des pays au niveau de développement très divers.
Le professeur Ndongo Samba Sylla, de la Fondation Rosa Luxembourg à Dakar, estime que les pays africains ne sont encore prêts pour le libre échangisme. « (…) De manière générale les petits pays auront du mal à protéger leur marché intérieur face aux grandes entreprises transnationales, qu’elles soient africaines ou étrangères … »
Beaucoup de questions restent sans réponse, comme par exemple la compensation pour les pays qui ont besoin des recettes douanières pour équilibrer leurs comptes.

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