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Burundi: des élèves exclus pour avoir sali une photo du président

By on June 15, 2016

Au moins 234 collégiens ont été provisoirement exclus de leur école, dans la commune de Gisuru, dans l’est du Burundi,pour de nouveaux griffonnages sur la photo du président Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires.
Dans certains livres, les yeux du président avaient été troués. Dans d’autres, sa photo avait été gribouillée, ou des propos insultants à son égard avaient été inscrits.

Selon la radio nationale burundaise, la direction communale de l’enseignement de Gisuru, dans l’est du pays, a ajouté à cette accusation le fait que ces élèves n’ont pas au moins voulu révéler les auteurs de cette infraction, raison pour laquelle ils ont été renvoyés pour revenir à l’école après les enquêtes.

Selon Aloys Ngenzirabona, administrateur de la commune burundaise de Gisuru, la direction cherchait depuis une semaine à faire avouer à ces élèves qui était responsable de ces gribouillis, sans y parvenir. “Nous leur avons donné des papiers pour qu’ils y notent les noms des responsables, mais ils nous ont rendu des feuilles vierges”, a-t-il expliqué. Les responsables ont décidé de renvoyer ces élèves “jusqu’à ce qu’ils se décident à dénoncer les responsables de cet acte ignoble”, a-t-il ajouté.

Cette école est la troisième du pays où de tels cas sont officiellement découverts et les élèves punis. Ce genre d’infraction avait eu lieu dans deux établissements d’enseignement secondaire à Muramvya au centre du pays et à Ruziba dans la province de Bujumbura à l’ouest du pays.

Onze élèves de Muramvya ont été arrêtés et six d’entre eux ont été ensuite libérés provisoirement, la justice les ayant trouvés encore mineurs, et le parquet a confirmé ce mardi la prolongation de la détention des cinq autres qui ont atteint l’âge de la majorité. A Muramvya, le gouverneur de province, Emmanuel Niyungeko, avait justifié cette sévérité en expliquant qu’après Dieu venait le roi. « Aujourd’hui, le roi du Burundi c’est le président Nkurunziza », avait-t-il martelé.

Au moins 300 collégiens de Ruziba, dans la périphérie sud de Bujumbura, avaient été renvoyés de leur école pour les mêmes motifs. Ils ont depuis été réintégrés, mais la police enquête pour trouver les responsables.

Le Burundi vit au rythme de la peur depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature pour un troisième mandat, avant d’être réélu en juillet. Les attentats contre les forces de l’ordre, les exécutions sommaires, des rebellions en gestation, les exactions répétées des policiers sont le quotidien de ce petit pays d’Afrique centrale. Ce jour, l’ultimatum lancé par le résident Nkurunziza à l’encontre des rebelles de la région de Mugamba est expiré. Faut-il s’attendre au pire? Les violences ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 280.000 personnes à quitter le pays. Les pourparlers de paix initiés par la Communauté internationale et les pays de la région des Grands Lacs ont été suspendus sine die, en raison de l’absence de la majeure partie de l’opposition.

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