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Cameroun: panique sur les logements sociaux

By on January 17, 2013

Si l’on s’en tient aux prévisions du ministère du Développement urbain et de l’habitat (Minduh), les premiers logements devraient être réceptionnés en mars 2013.

C’est un vrai compte de fées. Le mois de janvier est en train de tirer vers la fin, et aucun des 2400 premiers logements du projet de construction de 10 000 logements sociaux au Cameroun n’a été livré. Le dynamisme et les multiples va-et-vient du Minduh à Douala n’ont pas fait avancer les choses. La semaine dernière, Jean Claude Mbwentchou, a encore séjourné dans la capitale économique. Comme les précédentes fois, il s’est encore fâché. Il a tonné. Et même grondé. C’est la énième fois qu’il adopte cette posture. Mais, les choses n’avancent toujours pas. Pendant que le Minduh voue aux gémonies les entreprises sélectionnées pour la conduite de ce projet, celles-ci, malgré le silence affiché pendant les visites du ministre, restent par derrière égrener tout un chapelet de préoccupations. Pour ces entreprises, un seul problème est à l’origine de ces retards. Les financements. Elles soutiennent, en effet, que les
financements prévus par l’Etat tombent au compte-goutte, mais surtout sont à mettre sur le compte de mauvaises études financières au départ, qui rendent leurs prestations encore plus onéreuses. L’Etat, lui, dénonce la faible surface financière de ces entreprisses par ailleurs soupçonnées d’avoir été sélectionnées avec complaisance. Aucune perspective n’est en vue. Personne pour l’instant ne peut se prononcer avec exactitude sur l’achèvement des chantiers de Mbanga Bakoko, vers l’Est de la ville. Le Minduh qui est conscient que le gouvernement s’est fourvoyé sur ce coup-là, a décidé de changer de tactique. Ainsi, pour la construction des 7600 logements restant d’ici à 2015 comme prévu dans le chronogramme, le gouvernement camerounais a décidé de se tourner vers des entreprises étrangères plus compétitives.

Logements pour nantis

Globalement, le projet de construction de 10 000 logements sociaux d’ici à 2015 prévu dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) mis en œuvre depuis 2010, vise à commencer à résorber le déficit de logements sociaux que les experts estiment de nos jours à un million de logements. Seulement, avant même que les premiers logements ne soient livrés, des critiques fusent de part et d’autre, au sujet des critères d’éligibilité imposés par le gouvernement. En effet, il faudra débourser entre 10 et 15 millions de Fcfa pour acquérir une maison moyenne. Ce qui est quasi-impossible pour la majeure partie des Camerounais, même s’ils font 20 ans d’épargne assidue. Des enquêtes sur les conditions de vie des ménages camerounais fournissent des indications terrifiantes sur l’ampleur de la pauvreté des Camerounais. L’indice de développement du programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) indique que le revenu annuel moyen par personne varie de 63000 Fcfa à 957 000 Fcfa, toutes choses qui démontrent combien il sera difficile pour des enseignants par exemple, des policiers, journalistes, employés de bureaux et tous les autres fonctionnaires au plafond moyen de bénéficier de l’appui de l’Etat en terme de logement. La crise du logement au Cameroun est réelle. Elle est même inquiétante. Du fait des revenus extrêmement bas, beaucoup de personnes vivent dans des habitations précaires. Très peu peuvent s’offrir des maisons modernes avec tout le confort qu’il faut. Et lorsque l’Etat décide enfin de construire des logements «sociaux», ceux-ci sont destinés non pas à ceux qui sont dans le besoin, mais à ceux qui sont nantis. Il suffit de faire un tour dans les logements Sic. Vous y trouverez des Camerounais qui gagnent 700.000 Fcfa de salaire brut à la fin du mois, mais qui sont saucissonnés dans des appartements de deux chambres, où ils payent seulement 21.000 Fcfa à la fin du mois, alors ceux touchant 100.000 Fcfa au trop dépensent plus de 50.000 Fcfa…

in la nouvelle expression

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