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Madagascar: Ravalomanana veut revenir

By on December 26, 2012
Marc Ravalomanana

Exilé depuis 2009, l’ex-président de Madagascar Marc Ravalomanana fait le forcing pour rentrer. Avec l’espoir évident de revenir sur la scène politique mais aussi de retrouver un pouvoir économique en ranimant son conglomérat agro-alimentaire Tiko, aujourd’hui à l’abandon mais qui fut longtemps l’une des plus riches entreprises de l’île.

Certes, le président déchu a renoncé officiellement à se présenter à l’élection présidentielle prévue en mai. Mais ses ennemis comme ses proches savent qu’il n’a pas abdiqué ses ambitions politiques.

“Ce retour au pays a aussi une visée politique, pour contrer l’hégémonie actuelle d’Andry Rajoelina”, l’homme qui l’a renversé en 2009, assure Raveloson Constant, membre du Conseil Supérieur de la Transition (CST) et de la mouvance Ravalomanana.

“Mais sur un plan autre que politique, le redressement de Tiko est l’une des raisons qui poussent Marc Ravalomanana à revenir au pays”, ajoute-t-il.

C’est grâce au succès de Tiko que M. Ravalomanana avait construit sa fortune et lancé sa carrière politique. Autrefois l’une des plus importantes et fructueuses entreprises du pays, elle a été détruite et pillée par des émeutiers lors des manifestations populaires qui ont emporté le président en 2009.

Selon ses propres chiffres, Tiko a investi près de 75 millions d’euros dans le secteur agro-alimentaire malgache entre 1979 et 2008, créé 3. 000 emplois directs et 11. 000 emplois indirects.

Incontournable pour les produits de première nécessité, le groupe a fourni jusqu’à 60% des riz importés, 71% des farines, 70% de l’huile de soja et 40% du lait sur le marché intérieur de la Grande Ile.

Mais l’entreprise est à l’arrêt depuis plus de trois ans. Ses centres commerciaux ont été incendiés et laissés à l’abandon. Les ruines servent de lieux de réunion aux partisans de M. Ravalomanana. Le régime de Transition s’est approprié certains de ses biens. Mais les usines, le bétail, une partie du matériel, sont toujours là, et les dirigeants assurent qu’ils sont prêts à reprendre leur activité dès que possible.

Outre l’absence de Ravalomanana, le principal obstacle à la reprise de l’activité est la dette envers le fisc malgache, qui a obtenu du tribunal une autorisation de saisie des biens du groupe pour les vendre aux enchères et permettre de régler les taxes impayées de Tiko, qui s’élèvent à 61 millions d’euros.

En fait, ces dettes sont négociables, estiment les analystes: “Ce dont M. Ravalomanana a besoin, c’est d’un accord politique pour protéger ses investissements”, estime Serge Zafimahova, membre du Club de développement ethnique, un influente association de leaders d’opinion. “Tiko n’a pas besoin d’un sauvetage mais d’une reprise d’activités”.

En juin, le fils de l’ancien président, Tojo Ravalomanana a présenté à la presse l’état des pertes du groupe Tiko. A la suite de la manifestation du 26 janvier 2009 qui a tourné à l’émeute, connue sous le nom de “lundi noir”, le groupe Tiko a estimé ses pertes à plus de 36 millions d’euros.

Autre obstacle, M. Ravalomanana a été condamné par le tribunal malgache en 2010 à une peine de travaux forcés à perpétuité pour meurtre et complicité de meurtre pour le carnage du 7 février 2009 au palais d’Etat d’Ambohitsorohitra, lorsque sa garde présidentielle avait tiré sur une foule de manifestants, faisant 28 morts. L’association des victimes du drame demande aujourd’hui un dédommagement financier.

“Nous exigeons la saisie des biens de M. Ravalomanana pour réparer les dommages qu’il nous a causés”, a affirmé à l’AFP la secrétaire générale de l’association, Éléonore Ralalanirina

Sollicités par l’AFP, ni le porte-parole de la mouvance Ravalomanana, Guy Rivo Randrianarisoa, ni les responsables du groupe Tiko n’ont souhaité s’exprimer.

Source: Jeune Afrique.

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