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Cameroun: des pro-Gbagbo dispersés par la police

By on December 24, 2010

Une centaine de personnes a été stoppée par des éléments des forces de l’ordre au siège du Manidem.

Hier, l’ambiance au siège du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) au quartier Bonadibong, à Douala, rappelait fortement, aux quadragénaires et plus, l’atmosphère délétère qui avait régné dans la capitale économique pendant les «années de braise» 1990. Tous les ingrédients semblaient d’ailleurs réunis ici à cet effet. Une cinquantaine d’éléments de la police et de la gendarmerie, appuyés d’un camion lance-eau (couramment appelé «Abraham») se déploieront successivement en l’espace de 30 minutes. Parmi eux, figurent de nombreux éléments casqués du Groupement mobile d’intervention (Gmi), des Equipes Spéciales d’interventions rapides (Esir), armes à lacrymogènes au point. Et au milieu de ces hommes, l’on pouvait apercevoir le sous-préfet de Douala 1er, le délégué régional à la Sureté national pour le Littoral, le responsable régional des Renseignements généraux, celui de la Recherche extérieure, le commandant du Gmi de Douala, celui des Esir etc.

Face à eux, environ une centaine de Camerounais pro-Gbagbo, visiblement déterminés, se tiennent. Ce sont notamment des membres du Manidem, du Pds et de l’Upc-fidèles (tendance Mack-Kit), organisateurs de la manifestation, auxquels s’ajoutent des membres de l’Afp, de la société civile et des sympathisants de leur cause. Ce mouvement d’humeur était initialement prévu pour s’effectuer au stade Marion à la Cité Sic Bassa, à Douala, à partir de 14h. Mais, dès 12h30, la foule qui commençait à affluer sur ces lieux a été refoulée par les forces de l’ordre. Le motif avancé étant que ladite manifestation était interdite. Une version que dément énergiquement Anicet Ekanè, chargé des relations extérieures au Manidem. «Nous avons déclaré deux manifestations auprès des sous-préfectures de Douala 1er et de Douala 5ème». Car, comme l’explique l’ancien président de ce parti, ils avaient «préparé un plan B». «Nous avions prévu de nous replié ici (siège du Manidem) au cas où serions refoulés du stade Marion».

Diatribes
Les pro-Gbagbo camerounais auront réussi à manifester pendant près d’une heure avant que les forces de l’ordre ne les interrompent. Au programme, des diatribes anti-françaises, des motions et appels au soutien de «leur candidat», Laurent Gbagbo, le tout sur un air ivoirien très connu: «libérez mon pays» de Petit Sacko. Derrière les jeunes manifestants, des leaders de l’opposition camerounaise sont assis sur une estrade. Parmi eux, Moukoko Priso, Samuel Mack-Kit, Matthieu Djassep (leader historique de l’Upc), Abanda Kpama etc.
A l’arrivée de la soldatesque, ces hommes résisteront jusqu’à l’arrivée du camion lance eau du Gmi. «Nous allons mourir pour Gbagbo, nous allons mourir pour toi, Gbagbo…», lancent ceux-ci en affrontant les forces de l’ordre. 3 manifestants, dont Théophile Nono du Manidem, ont été conduits à l’hôpital pour des blessures à la tête et au bras. Les forces de l’ordre aussi déplorent quelques blessés, confieront-elles à Mutations. Le siège du Manidem quant à lui est devenu méconnaissable. Les vitres sont brisées et l’intérieur baigne dans de l’eau. Les manifestants promettent de rééditer leur mouvement jusqu’à ce que Laurent Gbagbo soit reconnu par la communauté internationale comme président de la Côte d’Ivoire.
Des journalistes de la chaîne de télévision Afrique Média ont été amenés par la police. On reste sans nouvelles d’eux. Ainsi, la «mission ivoirienne d’information» pro-Gbagbo qui requérait le soutien des Camerounais mardi dernier à Douala, commence apparemment à porter ses fruits.

In Mutations.

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